
L’enfant docile
L’enfant docile se hissera sur les temples Avait dit la femme de bohème, au ton humble Le poèle de bois chantonnait de ses flammes Et ses lumières chargées, de belles oriflammes Transportaient au soir, mille et mille chaleurs Sur son corps qui s’accordait au flux généreux ¤ Tu te glissais aux émouvants instants heureux Quand ta peine était absente, du maudit lieu Que le vil alcool terrifiant, se cachait dans le fond D’un corps imbibé qui se reposait du démon Il se pavanait écoeurant, sur une couche futile Qui pansait sa fatigue, par le feu ouaté des tuiles ¤ Un froid léchait l’unique rideau, coupant la pièce D’un coté les parents, de l’autre tassés les enfants Matelas de jute posé à nu, sur la terre trop glacée Couverture de huit corps, l’un contre l’autre , serrés Aucun ne recevait la chaleur, du fourneau gentillet Se contentant d’enfumer, les soirées de la nuit glacée ¤ Quand l’heure venait au soir, sur le rideau de lin Curieux mais inquiet, chacun se tournait l’œil malin Ils surprenaient leurs regards, sur l’ombre du moment Révélant les ébats tendres et violents des parents La peur les prenait quand les bruits se fronçaient Bruissaient au silence du bois moisi, se serrant discret ¤ Ils s’endormaient au trop tard, séance mourante Tu rêvais de la pleine lune mystérieuse et dévorante Tu traversais les mers, à la douceur des sillages perdus Tu parcourais les plaines vertes, d’aventures inconnues L’hiver fusionnait dans ce soleil, couchant chaud ta vie Et à l’heure du réveil, tu sentais glacial ton corps refroidi ¤ Tu consommais la froideur insupportable du petit matin Il te fallait rendre à chacun, ta vivace chaleur d’un câlin Le fourneau compréhensible parfois, se rallumait bien têtu Il te contait parfois lui aussi sa vétusté, s’éteignait trop repu Au son indéfrichable, de tes indescriptibles tremblements Qui dansaient à la mélodie castagnette, du forte de tes dents
Ce fut ton hier Des matins de prières Pour rester toujours fier ƒC
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